Agoraphobie et dépression….

Au fur et à mesure que passe le temps, l’agoraphobe s’installe dans son agoraphobie, s’organise, se construit sa petite vie. Et c’est la principale raison qui fait qu’au bout d’un certain laps de temps, il lui devient fort difficile de guérir.  Ce que l’agoraphobe craint par-dessus tout, ce n’est pas tant la situation elle-même, mais ce qu’il ressentirait s’il se trouvait dans cette situation. En somme, ce qui inquiète notre agoraphobe, c’est essentiellement de ressentir une panique si intense qu’il en perdrait totalement le contrôle de la situation et de lui-même. Qui sait ce qu’il pourrait alors advenir ? Deviendrait-il fou tout à coup ? Ne parviendrait-il plus à maîtriser son propre comportement ? Ou bien son coeur lâcherait-il ? Mourrait-il aussi sec ? Sa peur est au premier chef la peur de sa propre peur.

Et, bien sûr, la peur de la peur engendre… la peur. Si la simple idée que l’on pourrait avoir peur dans une situation donnée suffit à déclencher la peur, vous comprendrez que l’on ne doit pas cesser souvent d’avoir peur ! L’agoraphobe est alors pris dans un cercle vicieux, un tourbillon d’angoisse que rien ne peut arrêter. Sans cesse, il pense à tout ce qui pourrait survenir, et sans cesse il tente d’en repousser l’idée. Et, nous l’avons vu, tant de choses plus effrayantes les unes que les autres peuvent arriver…L’agoraphobie a, en fait, souvent tendance à devenir extensive : après quelques améliorations éphémères, après quelques rechutes plus ou moins spectaculaires, voilà notre agoraphobe qui n’ose même plus sortir de chez lui. Il est alors rare qu’il conserve le moral : il devient triste, fatigué, dort mal, se trouve médiocre, stupide, lâche, sans volonté, commence à penser que la vie ne vaut décidément pas la peine d’être vécue. Bref, l’agoraphobie évolue en dépression. Le fait d’être déprimé aggrave l’agoraphobie : là encore, on se trouve en présence d’un cercle vicieux agoraphobie dépression agoraphobie dépression…

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