Comment devient-on agoraphobe dans un supermarché ?

On ne naît pas agoraphobe : la plupart du temps, l’agoraphobie débute entre 18 et 35 ans. Sont prédisposées les personnes anxieuses et passives, celles qui ont déjà souffert de diverses peurs, de terreurs nocturnes dans leur enfance. Toutefois, l’agoraphobie n’est le privilège de personne : il n’existe aucune caractéristique intellectuelle, socio-économique ou éducative permettant de prédire qui deviendra agoraphobe : riches et pauvres, lettrés ou incultes, tout le monde est exposé de la même façon. Comment cela a-t-il commencé. Généralement dans un supermarché. Que s’est-il donc passé dans ce supermarché ? Pas grand-chose, à vrai dire : la personne qui devient agoraphobe a eu comme une sorte de vertige. Peut-être était-ce le bruit, la fatigue ? Elle s’est appuyée un instant sur un rayon et, finalement, a pu rentrer chez elle sans problème. Mais elle s’est ensuite beaucoup inquiétée à propos de cet incident : et si cela recommençait ? Et si elle perdait réellement connaissance ? C’est peut-être à partir de ce moment-là qu’elle a commencé à se montrer anxieuse, irritable, nerveuse au moment de quitter la douceur de son nouveau foyer, ce petit nid qu’elle avait si douillettement aménagé.

Cela s’est effectivement très mal passé lorsqu’elle est revenue faire ses emplettes au supermarché, la semaine suivante. Elle s’est sentie mal à son aise, s’est mise à paniquer. Ses craintes d’un malaise éventuel étaient donc bel et bien fondées ! Peu à peu, cette angoisse, cette panique de plus en plus intense se sont emparées d’elle non seulement au supermarché, mais aussi dans le métro, dans les autobus, ou tout simplement quand elle devait marcher seule dans la rue. Elle a donc cessé de prendre les transports en commun et a demandé à un ami ou a son partenaire de l’accompagner quand elle devait sortir. Cette personne « accompagnante » lui a donc tout d’abord tenu compagnie dans les magasins, mais a aussi dû, pour finir, l’accompagner jusque devant l’immeuble où elle travaillait, etc. La personne agoraphobe quand elle y réfléchit, ne comprend vraiment pas comment elle a pu en arriver là.

Dans 88 % des cas, un état de stress précède l’agoraphobie : changements dans le mode de vie, coups durs, opérations chirurgicales, maladies, deuils ou, au contraire, réussites trop foudroyantes, maternité heureuse, mais stressante, tout concourt à vous fragiliser. Puis survient un incident parfois minime, anodin, mais qui, s’ajoutant à ce qui précède, vous conduit à douter de vous-même. La panique s’installe alors, parfois de façon très brutale ou parfois de manière insidieuse. Quoi qu’il en soit, ce qui se passe ensuite est identique : vous commencez à éviter toute situation où vous imaginez, à tort ou à raison, que quelque chose pourrait vous arriver C’est, en fait, à partir de là que commencent véritablement vos malheurs.

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