Les tranquillisants pour soigner la crise d’angoisse ?

Les comprimés ou les gélules multicolores que votre médecin vous prescrit et que votre pharmacien vous délivre avec un grand sourire constituent le plus simple et le moins coûteux des traitements. Et les petites pilules dont vous hériterez si vous allez raconter des histoires de phobie à votre médecin traitant ont toutes les chances d’appartenir à la classe des tranquillisants. Ceux-ci sont, en effet et selon toute apparence, des médications de tout repos (dans tous les sens du terme), sans histoire, sans danger. Ils diminuent la sensation d’angoisse ainsi que les signes physiques d’anxiété : le phobique cesse de trembler comme une feuille, les palpitations se calment, la respiration se normalise, la sensation d’irréalité se dissipe, la peur de mourir diminue. Bref, tout va mieux, beaucoup mieux. Mais tout ne va pas parfaitement, loin de là : tout d’abord, aucun tranquillisant n’est suffisamment puissant pour faire réellement disparaître la panique dans le moment de la confrontation avec l’objet de sa phobie. La peur est moins forte, mais persiste. Ensuite, existe le problème de l’habituation à long terme : les tranquillisants deviennent vite des objets contre-phobiques. Le patient devient dépendant de sa petite boîte, de ses petites pastilles. Enfin, sur le plan pharmacologique, les tranquillisants ont tendance à perdre de leur efficacité au cours du temps et, en outre, diminuent la vigilance. Que faut-il donc penser des tranquillisants ? Qu’ils sont d’excellents médicaments tant qu’on les considère comme une aide temporaire, mais qu’ils ne constituent pas en eux-mêmes une solution au problème du phobique.

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