Peut-on guérir ses phobies avec les antidépresseurs ?

Comme leur nom l’indique, les antidépresseurs sont des médicaments actifs dans les états dépressifs. Mais, comme leur nom ne l’indique pas, ils se révèlent aussi efficaces dans le traitements des phobies, même quand elles ne sont pas accompagnées de dépression.
Les antidépresseurs ne semblent, en fait, pas agir sur les phobies elles-mêmes, mais sur les attaques de panique ainsi que sur les sensations de dépersonnalisation.
La conclusion est simple : ces médicaments sont intéressants chez les phobiques qui présentent des attaques de panique ainsi que chez tous ceux qui souffrent par ailleurs de dépression. Pour toutes les autres catégories de phobiques, ils ne présentent pas d’intérêt particulier.
Là encore, il faut savoir que ces traitements ne sont pas sans inconvénient : leur délai d’action sur les attaques de panique est particulièrement long puisqu’il va de trois semaines à… trois mois. De plus, si aucun autre traitement n’est entrepris par ailleurs, les rechutes sont fréquentes au moment de l’arrêt du traitement.
Le plus connu des antidépresseurs, et longtemps l’un des plus employés, est la clomipramine ou Anafranil®. Mais la plupart des autres antidépresseurs de la même famille (dits « tricycliques ») ont une action comparable. Malheureusement, les antidépresseurs tricycliques ont des effets secondaires qui font qu’on les réserve aujourd’hui aux cas récalcitrants : ils diminuent la vigilance, les facultés de concentration et de mémoire, dessèchent désagréablement la bouche, constipent et occasionnent parfois des troubles de la vision (sans aucune gravité, précisons-le, pour ne pas vous en dégoûter tout à fait).
Ils sont de plus en plus supplantés par une nouvelle classe d’antidépresseurs, bien mieux supportés, les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine ou IRS, dont les plus connus sont la fluoxétine ou Prozac®, ainsi que la paroxétine ou Deroxat®. Enfin, citons pour mémoire les IMAO (ou inhibiteurs de la mono-amine-oxydase), qui ont aussi une action positive, mais qui ne sont utilisés en France que de façon marginale en raison de leur maniement délicat.

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