Quel est votre pourcentage de risque d’être agoraphobe ?

L’agoraphobie est sans conteste la phobie la plus répandue, la plus handicapante et la plus difficile à soigner. Suivant les auteurs, de 50 à 60 % des phobiques sont agoraphobes, et, parmi ces agoraphobes, 80 % sont du sexe féminin. Pourquoi tant de femme et si peu d’hommes ? Personne, à vrai dire, n’a d’explication réellement solide à fournir et on en est réduit aux conjectures : peut-être cela est-il dû au fait que la situation de passivité qu’engendre l’agoraphobie est socialement mieux tolérée si elle se manifeste chez une femme que chez un homme. Une femme qui ne sort plus de chez elle peut après tout se poser en femme au foyer. L’homme au foyer n’est encore, quant à lui, pas tout à fait entré dans les moeurs…

La prévalence de l’agoraphobie généralement admise par le corps médical est de 6,3 agoraphobes pour 1 000 habitants. Mais selon une enquête, 5 % des sujets de plus de 15 ans auraient présenté des troubles agoraphobiques dans les 12 derniers mois précédant l’enquête. Comment expliquer un écart aussi considérable ? Tout dépend sans doute de la définition choisie : l’individu qui se sent mal à l’aise dans certains lieux est-il agoraphobe, ou bien doit-on réserver cette appellation à ceux qui souffrent d’un handicap majeur ?

Comptabiliser les agoraphobes est une tâche bien délicate : beaucoup d’agoraphobes sont des phobiques honteux et il est très rare qu’ils avouent spontanément leur état d’agoraphobe ; la plupart d’entre eux usent de subterfuges complexes pour dissimuler leurs difficultés. Et dans un bon nombre de cas – lorsque leur agoraphobie n’est pas trop importante –, ils y parviennent et s’angoissent en silence.

En fait, bien des personnes — vous, peut-être, ou bien votre voisin de palier, qui sait ? — sont agoraphobes et souffrent le martyre sans que personne n’en sache rien.

Quoi qu’il en soit, les agoraphobies semblent être en augmentation. Notre mode de vie favoriserait-il l’éclosion de cette sorte de trouble ? Peut-être. Certains auteurs relèvent que les jeunes veuves, les jeunes mères, les femmes célibataires sont — statistiquement — plus touchées par l’agoraphobie que les hommes ou les femmes plus âgées et bénéficiant d’une situation matrimoniale plus stable. Vivre dans une grande ville, anonyme parmi la foule, être confronté aux multiples agressions, physiques ou psychologiques, qu’implique la vie urbaine, ne pas bénéficier d’une certaine stabilité familiale et sociale, tout cela semble constituer des facteurs de stress favorisant l’agoraphobie.

Et puis, le nombre d’agoraphobes va aussi croissant parce que ceux-ci sont chaque jour plus nombreux à se manifester, à demander de l’aide. Le fait qu’il est possible de guérir de ses phobies commence à se savoir !

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